La cicatrice longue de 19 centimètres causée par la sternotomie, jusque-là très saine, montre depuis deux, trois jours un tout petit point d'infection. Je consulte notre pharmacienne locale qui me rassure et me propose simplement de traiter le problème par des compresses imbibées d'une solution antiseptique. Les petits aléas post-opératoires ; un point de suture qui se résorbe mal, me dit-elle, ou un poil du poitrail qui repousse à cet endroit et qui gène la cicatrisation.
Une heure plus tard, je retrouve la table de massage de mon ostéopathe pendant 40 minutes. Ses manipulations donnent, comme d’habitude, de bons résultats et provoquent surtout une immense lassitude. Pour la première fois depuis que je le fréquente, je m’endors quelques instants au cours de la séance. C’est bon signe, je me dis... ...pour mon bien-être du moment. Cependant, une fois la séance terminée, la dure réalité de cette réédification de l’être “démantelé” qu’on porte en soi, resurgit quand l’ostéopathe rappelle gentiment que “cela va être très long"... Je me rhabille, je repars.
Aucune photo prise aujourd'hui, une première. La seule trace que je laisse dans mon téléphone sera mon itinéraire pour regagner la maison…
La réflexion de mon ostéopathe me revient à l’esprit ce soir en lisant le commentaire de l’amie, Jacqueline, dans mon billet d'hier, qui m’incite à ne pas viser “la productivité" dans cette convalescence. Je rumine le sens de cette remarque. En effet, je me rends compte que je m’étais donné l’objectif d’un retour à la “vie d’avant” pendant ces deux mois, une “vie redevenue normale”. Or, je dois me rendre à l’évidence que le temps va passer et que l'équilibre que je vais atteindre progressivement ne sera pas celui d’avant…
Mon ostéopathe m'avait déjà parlé de l’importance du passage des quatre saisons. Cela s’entend un an de plus, n’est-ce pas ? Notion bien moins poétique. Disons-le clairement, il s’agit d'une année supplémentaire où on “prend de l’âge”, notion arithmétique incontournable. Je ne vais pas retrouver en avril 2022 celui que je fus en avril 2021. Cette convalescence n’est pas, ne sera pas une renaissance ; je dois dorénavant conjuguer vieillissement et remise sur pied au cours des douze mois à venir. Mais je vous rassure tout de suite, vous qui me lisez ; je ne tiendrai pas ce blog pendant douze mois pour conter ce cheminement… Du moins pas sous sa forme actuelle.
...Bientôt minuit. Je tourne la page.

Wise words from Jacqueline and your osteopath, hard 'though they are sometimes to accept.
RépondreSupprimerThat looks a pretty good walk for someone convalescing. Bravo!
xx